Daniel Blumberg & Lotus Eddé Khouri – Minus


Aujourd’hui j’ai filmé Daniel Blumberg. On m’a envoyé son album, je n’ai écouté que le premier titre, Minus. En boucle. Souvent. Alors oui, j’ai très très envie de le rencontrer, mais à la condition que ce soit pour ce titre-là. C’est rare que je demande un titre en particulier, pensant que selon l’humeur ou le lieu, un titre peut être mieux qu’un autre.
Avant même de le rencontrer, j’ai déjà une petite idée du monsieur. Au départ en solo, on me dit la veille que ça sera probablement en trio avec trois guitares électriques. Le fait d’être accueilli chez Gibson y est sans doute pour quelque chose. Puis en arrivant, on me dit qu’il n’y aurait qu’une guitare mais avec quelques percussions, un saxophone et des danseuses. Là, je commence quand même un peu à me poser des questions, n’ayant qu’une heure et pas vraiment plus d’informations sur l’espace dont ils auront besoin et ne peut donc rien préparer. J’attends tout le monde un peu curieux. Curieux ou anxieux d’ailleurs, parce que je commence à réaliser que ça peut aller dans beaucoup de directions différentes.
L’équipe arrive et de longues, très longues minutes plus tard, après avoir présenté les différents espaces, rien ne se dit. Alors j’attends, un peu inquiet du temps qui passe quand enfin je découvre que ça sera uniquement Daniel et une amie danseuse. Ils décident que ça se ferait en bas, sur la petite scène où il faut faire le vide pour que rien d’autre n’apparaisse. Eteindre les lumières pour ne distinguer que des silhouettes. L’idée est bonne mais sans lumière, pas d’image. Je leur montre que de la lumière il en faut, beaucoup même, mais pas n’importe où.
Pendant que je peaufine mon installation et sans avoir la certitude d’avoir Minus, il en entonne les premières notes. D’autres notes. Je leur précise discrètement que le départ n’est pas encore lancé et qu’il vaut mieux attendre un peu plutôt que de louper la spontanéité du premier jet. Puis nous y allons pour de bon.
12 minutes, c’est ce qu’aura durée cette parenthèse où pas un bruit ne se faisait entendre, et après laquelle tout le monde a eu besoin de quelques minutes pour reprendre ses esprits. Jamais depuis le début du Bruit des Graviers je n’ai été aussi ému lors d’une session.

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